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La bibliothèque des commencements

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Je voulais partager ici une observation qui me semble concerner tous ceux qui écrivent, publient ou vendent des livres. Je le vois autour de moi : des lecteurs ouvrent un livre, en lisent vingt pages, parfois trente, puis le posent sur une pile à côté du fauteuil. Une semaine plus tard, ils en commencent un autre. Puis encore un autre. Quand ils regardent cette pile, ils voient moins une bibliothèque qu'une accumulation de débuts. Ils n'ont pas trouvé ces livres mauvais, mais ils ne les ont pas fini, ils n'ont pas décidé de les abandonner, ils les ont seulement laissés en chemin. Avant, terminer un livre était l'évidence. Pas par discipline, par habitude. Un livre se lisait du premier au dernier mot, et cette continuité faisait partie du livre lui-même. Aujourd'hui, aller au bout est devenu l'exception. Ce n'est pas le temps qui manque, ce sont parfois les lecteurs les plus motivés qui restent en chemin. Ce qui manque, c'est la capacité de rester. Lire p...

Le téléphone à table, ou le respect que nous ne nommons plus

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  Un dîner. Un téléphone posé à côté de l'assiette, écran visible. Personne ne le regarde vraiment. Mais si un message arrive, quelqu'un le lira dans les dix secondes. Nous appelons ça de la politesse. Je crois que c'est un manque de respect que nous ne nommons plus comme tel. Il y a quarante ans, le téléphone restait dans le salon, attaché à son fil. Pour répondre, il fallait se lever, quitter la table, s'excuser. La coupure était visible, elle avait un coût. Aujourd'hui, elle ne coûte rien, ne se voit presque plus, et c'est précisément ce qui la rend si fréquente. Nous n'osons plus laisser un message sans réponse, de peur de passer pour absents, indisponibles, presque coupables. Alors nous répondons, même à table, même en pleine phrase de l'autre. Et pendant ces dix secondes, c'est la personne en face de nous que nous rendons indisponible. Elle, nous ne l'avons pas prévenue. Nous avons fini par trouver plus grave d'ignorer un inconnu que d...

Une vie dans la révolution informatique

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  Une vie dans la révolution informatique : le témoignage gratuit d'un couteau suisse du numérique Du téléphone à cadran au Wi-Fi, du Vic-20 à la fibre optique : ce récit raconte de l'intérieur cinquante ans de bascule technologique, vécus non pas comme spectateur mais comme acteur, technicien, entrepreneur, passionné du premier jour. Laurent Libmann, fondateur d'ATN Informatique au Havre, y mêle anecdotes professionnelles, autodérision et un vrai sens du récit, loin du ton scolaire des ouvrages techniques. Pourquoi le lire cet été C'est un livre à lire par tranches, sur une terrasse ou dans un transat, sans effort de mémoire : chaque chapitre se suffit à lui-même, porté par l'humour et la nostalgie plutôt que par la technique pure (un glossaire en fin d'ouvrage libère le corps du texte de tout jargon). L'été, propice aux souvenirs et aux longues discussions de famille, est le moment idéal pour ce genre de machine à remonter le temps, celle qui donne envi...

Nous pouvions être absents

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  Il y a eu un temps où le téléphone ne nous suivait pas partout. Il restait à sa place, posé dans le salon, solennel. Chez nous, mes parents tenaient à ce qu'il soit placé là, bien en évidence, comme s'il devait veiller sur la maison, être accessible sans jamais devenir envahissant. Obtenir une ligne relevait d'une véritable épreuve de patience. On déposait une demande auprès de France Télécom, et l'on entrait dans un temps d'attente dont personne ne connaissait vraiment la durée. Trois mois, parfois six, parfois davantage. Ce téléphone n'était pas un objet banal. Son usage supposait une forme de présence. Pour appeler, il fallait être là, physiquement. Pour répondre, il fallait se déplacer, interrompre ce qu'on faisait. La communication avait un lieu, un moment, une forme identifiable. Nous pouvions être absents, et cela ne posait aucune question. Aujourd'hui, chacun porte son téléphone dans sa poche. L'appel n'est plus un événement. Il est dev...

Laurent Libmann Lecture estivale de Ce que le numérique fait de nous

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Ce que le numérique fait de nous: Nous étions la charnière

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  Lecture gratuite (Echantillon)

Que reste-t-il de nous quand le numérique a tout changé

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  J'ai passé 38 ans dans l'informatique. J'ai vu arriver le minitel, le PC, internet, le smartphone, les réseaux sociaux. J'étais dedans, pas spectateur. Il y a bientôt six ans, quand je me suis arrêté, j'ai réalisé que je n'avais pas pris le temps de mesurer ce que tout ça avait changé en nous. Ce changement ne concernait pas les machines, il concernait les gens qui les utilisaient. Et j'ai compris que cette question n'était pas propre à la retraite. Le numérique l'avait déjà posée, à sa façon, à des millions de personnes actives : que reste-t-il de nous quand nos compétences deviennent obsolètes ? Quand nos repères disparaissent ? Quand la machine fait mieux, plus vite ? Nous parlons beaucoup des gains. Nous parlons rarement des pertes. Le temps que nous n'arrivons plus à contrôler, la frontière entre vie professionnelle et vie personnelle qui disparaît, ce que nous avons abandonné chemin faisant sans nous en rendre compte. C'est le fil con...