La bibliothèque des commencements
Je voulais partager ici une observation qui me semble concerner tous ceux qui écrivent, publient ou vendent des livres. Je le vois autour de moi : des lecteurs ouvrent un livre, en lisent vingt pages, parfois trente, puis le posent sur une pile à côté du fauteuil. Une semaine plus tard, ils en commencent un autre. Puis encore un autre. Quand ils regardent cette pile, ils voient moins une bibliothèque qu'une accumulation de débuts. Ils n'ont pas trouvé ces livres mauvais, mais ils ne les ont pas fini, ils n'ont pas décidé de les abandonner, ils les ont seulement laissés en chemin. Avant, terminer un livre était l'évidence. Pas par discipline, par habitude. Un livre se lisait du premier au dernier mot, et cette continuité faisait partie du livre lui-même. Aujourd'hui, aller au bout est devenu l'exception. Ce n'est pas le temps qui manque, ce sont parfois les lecteurs les plus motivés qui restent en chemin. Ce qui manque, c'est la capacité de rester. Lire p...