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Quelqu'un m'a calculé combien de temps il fallait pour lire mon livre. Entre 1h32 et 1h55, selon l'état d'esprit. Moins de temps qu'un film moyen. Moins qu'un trajet Paris-Le Havre. Moins que certaines réunions dont je suis sorti sans avoir rien retenu. Un livre sur ce que nous avons perdu, qui se lit dans le temps qu'il nous reste. Temps de lecture selon ton état intérieur : Lecteur de 1975, assis dans un fauteuil, sans téléphone à portée : 1h55min. Lecteur standard 2026, concentré entre deux notifications : 1h32min. Lecteur qui « feuillette juste » : 33min. Et qui se retrouvera quand même à tout lire. Lecteur qui a ouvert le livre pour voir si son nom y figure : 4min. Déception : il n'y est pas. Lecteur qui filme le livre pour ses stories : 12min. Mais il n'aura rien retenu. Je ne sais pas si c'est rassurant ou ironique. Les deux, probablement. Parce que ce livre parle précisément de ça : de ce que nous faisons du temps qui nous reste, de la ma...

L'ennui n'était pas un problème à résoudre

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Ce que les psys appellent négligence, je l'appelle formation Un article de Psychologies.com paru cette semaine m'a arrêté net. Il pose une question que je ne m'attendais pas à lire sous la plume de chercheurs : et si l'éducation de nos parents, celle que certains qualifient aujourd'hui de négligente, avait produit quelque chose de précieux ? Je suis né en 1960. Je reconnais chaque ligne. L'ennui n'était pas un problème à résoudre Les enfants de ma génération rentraient de l'école et disparaissaient jusqu'au dîner. Personne ne programmait leur après-midi. L'ennui s'installait, et c'était à nous de l'habiter. Je me souviens de l'été 1969 à Enghien-les-Bains, des journées sans programme, un chiot boxer qui me suivait partout, et un sachet de pifises, ces minuscules œufs qu'on versait dans l'eau et qu'on regardait éclore pendant des heures. Il ne se passait presque rien. Et c'est dans ce presque rien qu'une n...