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L'ennui n'était pas un problème à résoudre

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Ce que les psys appellent négligence, je l'appelle formation Un article de Psychologies.com paru cette semaine m'a arrêté net. Il pose une question que je ne m'attendais pas à lire sous la plume de chercheurs : et si l'éducation de nos parents, celle que certains qualifient aujourd'hui de négligente, avait produit quelque chose de précieux ? Je suis né en 1960. Je reconnais chaque ligne. L'ennui n'était pas un problème à résoudre Les enfants de ma génération rentraient de l'école et disparaissaient jusqu'au dîner. Personne ne programmait leur après-midi. L'ennui s'installait, et c'était à nous de l'habiter. Je me souviens de l'été 1969 à Enghien-les-Bains, des journées sans programme, un chiot boxer qui me suivait partout, et un sachet de pifises, ces minuscules œufs qu'on versait dans l'eau et qu'on regardait éclore pendant des heures. Il ne se passait presque rien. Et c'est dans ce presque rien qu'une n...

Ce que le numérique fait de nous — Laurent Libmann

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Ce que le numérique fait de nous. Laurent Libmann  Beaucoup ne vivent plus dans des livres lus jusqu'à leur fin.  Ils vivent au milieu de commencements. Le fragment a remplacé la durée. Ce qui se perd en chemin, ce n'est pas seulement la dernière page. C'est l'expérience de rester avec une pensée jusqu'à son terme, de l'habiter assez longtemps pour qu'elle déplace un mouvement intérieur.  Laurent Libmann  Ce que le numérique fait de nous À paraître

Le jour où l'attente a disparu

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Nous avons cessé d'attendre comme nous cessons de respirer par le nez. Le geste a changé, nous ne l'avons pas décidé. Nous avons cru gagner des minutes, des heures. En réalité, nous avons rétréci l'intervalle entre l'impulsion et la réponse, jusqu'à ne plus savoir quoi faire du silence qui reste. Nous avons cessé d'attendre comme nous cessons de respirer par le nez. Le geste a changé, nous ne l'avons pas décidé. Nous avons cru gagner des minutes, des heures. En réalité, nous avons rétréci l'intervalle entre l'impulsion et la réponse, jusqu'à ne plus savoir quoi faire du silence qui reste. Explications de ce que j'ai voulu dire. La respiration par le nez, ça ne se décide pas d'arrêter. Ça arrive. C'est pareil pour l'attente. Le changement s'est fait sans qu'on s'en rende compte. Rafraîchir ses messages toutes les deux minutes. Sans y penser. Personne n'a décidé de devenir impatient, c'est venu avec les outils du...