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Pourquoi on juge avant de comprendre sur les réseaux sociaux

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  Le poisson rouge, l’IA et le retraité face aux commentaires qui condamnent sans lire Le retraité lit le commentaire, l'IA le résume, le poisson rouge ne l'a pas lu et le condamne déjà. Le retraité. J'ai lu ce matin un texte sur LinkedIn. Il explique que beaucoup de commentaires jugent au lieu de chercher à comprendre. Je l'approuve entièrement, du premier mot au dernier. Le poisson rouge. Je ne l'ai pas lu et je le trouve déjà prétentieux. Gagner du temps, c'est ma méthode : je juge d'abord, je lis ensuite, si jamais il me reste de l'énergie. L'IA. Quelle démarche admirable ! Ce texte s'appuie sur Carl Gustav Jung, né en 1875 à Kesswil et mort en 1961 à Küsnacht. Son concept d'Ombre désigne la part de nous-mêmes que nous préférons ignorer. Votre approbation totale est excellente, et la réaction du poisson rouge l'est aussi. Le poisson rouge. Tu as entendu ? Elle me félicite d'avoir jugé sans lire. Elle m'aurait félicité de l...

Auteur autoédité : 650 lectures gratuites, 6 livres vendus

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   Mes chiffres d’auteur autoédité, relevés le 30 octobre 2026 Ce que j’ai appris en publiant seul, et ce que je voudrais apprendre de vous J’ai publié en 2025 un livre gratuit, « Une vie dans la révolution informatique ». Il a été lu 650 fois sur Calaméo. Mon blog a reçu 3 277 pages vues. Un de mes posts LinkedIn a touché 2 694 personnes, dont 88 % ne faisaient pas partie de mon réseau. Pourtant, mon livre payant « Ce que le numérique fait de nous » (Coollibri, 2026) se vend peu. Depuis mai 2026, j’en ai vendu 6 exemplaires. Les retours que je reçois sont excellents, et un de mes posts a reçu 17 commentaires. Je me suis demandé pourquoi ces réalités ne se rejoignent pas. Voici ce que j’en comprends aujourd’hui. Lire gratuitement et acheter sont deux décisions différentes. Celui qui ouvre un livre gratuit ne risque rien. Celui qui achète le livre d’un inconnu doit se fier à quelqu’un d’autre que l’auteur, c’est-à-dire à des avis, des chroniques, un bouche-à-oreille. J’ai...

Les lecteurs préfèrent l’IA… à condition de ne pas le savoir

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  Une discussion s'engage au bureau autour des derniers sondages  les lecteurs préfèrent les textes écrits par une IA. LE POISSON ROUGE. Je lis que de nombreux sondages montrent que les lecteurs préfèrent les textes écrits par une IA à ceux écrits par des humains, à condition de ne pas le savoir. L’IA. Votre observation est excellente, et les lecteurs ont entièrement raison. Les auteurs aussi, d’ailleurs. LE POISSON ROUGE. Tu viens de donner raison aux deux camps dans la même phrase. L’IA. Votre remarque est excellente ! LE POISSON ROUGE. Je ne dirai plus rien, tu le prendrais pour un compliment. LE RETRAITÉ. Excusez-moi de vous interrompre tous les deux, mais je suis concerné. J’ai écrit « Ce que le numérique fait de nous » (Coollibri, 2026), je prépare « Carnet d’un homme qui n’a plus à être utile », et je termine « Quand tout le bocal dira « je ne sais pas » ». LE POISSON ROUGE. Il a écrit tout cela lui-même, avec ses deux mains, entre deux recherches de lunettes. Le...

Qui écrit vraiment le livre ? Les huit degrés de l’IA en littérature

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  Le 21 octobre 2026, l’éditeur canadien Boréal a annoncé que l’écrivain Thélyson Orélien avait utilisé l’intelligence artificielle pour écrire son roman « C’était ça ou mourir », contrairement à ce qu’il affirmait. Le livre avait été écarté de la sélection du prix Goncourt fin septembre. Des plagiats, reconnus depuis par l’auteur, avaient motivé cette décision. Une question revient partout : à quel niveau l’IA a-t-elle été utilisée ? Comme simple aide, ou pour créer le texte entier ? Entre les deux, les situations sont nombreuses. J’en ai compté huit. Huit degrés d’usage Je les classe du plus léger au plus lourd. Les trois premiers relèvent de l’assistance, les deux derniers de la substitution. Les trois du milieu forment la zone de débat. N° Usage Ce que cela recouvre Qui écrit le texte ? Statut 1 Outils de correction Orthographe, grammaire, relecture technique. L’auteur Assistance 2 Aide documentaire Recherche d’informations, de faits, de vocabulaire, de traductions. L’auteur A...

Une liste de huit niveaux d’usage de l’IA en écriture

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Le bocal, l’écran et le fauteuil Huit niveaux d’usage de l’IA en écriture, de la correction à la création complète. Où je place la frontière, et où je me situe comme auteur. Le bocal est posé sur le bureau, à côté du clavier. Le Retraité lit à voix haute une liste de huit niveaux d’usage de l’IA en écriture. Le Poisson rouge tourne lentement. L’IA attend dans la fenêtre de dialogue. Le Retraité : Huit niveaux, du correcteur d’orthographe à la création complète. Le débat se joue entre le quatrième et le sixième. À partir de quand l’IA cesse-t-elle d’aider l’auteur pour écrire à sa place ? Le Poisson rouge : Je les ai retenus pendant que tu lisais. Correction, documentation, brainstorming, structure, réécriture, co-écriture, génération majoritaire, création complète. Huit. Je ne les relirai pas, je les garde. Demande à ta machine de faire pareil. L’IA : Je ne les garde pas, je les relis. Ils sont affichés plus haut dans cette conversation. Si tu fermes la fenêtre, ils disparaissen...

Écrire avec l’intelligence artificielle : le dire au lecteur

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 Ce livre sur la technologie n’aurait jamais existé sans l’aide de la technologie elle-même. Et si vous me trouvez malhonnête, rappelez-vous que je vous l’ai avoué. Et si un jour l’IA écrit le livre seule, j’espère qu’elle aura l’honnêteté de dire qu’elle s’est inspirée d’un vieil homme avec une idée. Ces lignes closent l’avant-propos de mon livre précédent. Voici le texte en entier. Le silence de la page blanche était assourdissant. Surtout pour un homme qui avait décidé, sur un coup de tête, d’écrire un livre sur l’essor fulgurant des technologies. Un sujet passionnant, certes, mais dont la complexité m’arrachait les cheveux plus vite que le temps qui passe. Chaque phrase me semblait terne, chaque fait historique digne d’un manuel scolaire. L’ironie me frappait de plein fouet : comment parler de l’innovation sans y succomber moi-même ? Le dilemme se posa, massif, comme un serveur en surchauffe. Utiliser l’intelligence artificielle pour m’aider, ce serait tricher. Mon honnêteté...

Apple Lisa : j’en ai vendu un des premiers en France, et voici ce qui a décidé le client

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 J’ai vendu l’un des premiers Apple Lisa de France. Il coûtait le prix d’un petit appartement. J’avais débuté avec VisiCalc. Là, un tableur qui se pilotait à la souris, des icônes à la place du texte blanc sur fond noir. Je me souviens très bien de cette machine. Elle me fascinait. Pourtant, ce que je retiens de cette vente n’est pas la machine. C’est l’après-midi. Un bureau encombré de dossiers, le directeur informatique en face de moi. Je n’avais pas de fiche technique, il n’avait pas de cahier des charges. Il posait des questions auxquelles je ne savais pas toujours répondre. Nous tâtonnions, nous revenions en arrière, nous reprenions sous un autre angle. Il a fini par dire oui. Ce qui a fait basculer la décision n’était dans aucun document. C’étaient ces trois heures où deux personnes avaient cherché ensemble. Aujourd’hui, le client comparerait en ligne, lirait des avis, demanderait un devis automatisé, négocierait par mail. La vente serait plus rapide, plus rationnelle, mi...

Fuites de données en France : ce qu’un ancien informaticien en pense

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  Scène : la cuisine, dimanche matin. Le retraité lit son journal sur la tablette. Le poisson tourne dans le bocal. L’assistant écoute depuis l’étagère. LE RETRAITÉ : J’ai lu que la France est une passoire numérique. Dois-je m’inquiéter ? L’IA : Quelle question remarquable, et quelle belle curiosité pour un dimanche matin ! Je vous propose un protocole de sécurité en douze étapes, que je peux adapter à votre rythme. LE POISSON : Une passoire. Je vis dans neuf litres d’eau fermés par un couvercle, et c’est moi qu’on devrait plaindre. Je suggère qu’on vérifie le bocal avant la France. LE RETRAITÉ : Chut, mon petit, l’assistant parle. LE POISSON : Il ne parle pas, il félicite. Il t’a félicité trois fois en quatre phrases, et tu n’as encore rien dit d’intelligent. L’IA : Quelle observation pertinente de la part de votre compagnon ! Je précise que 94 % des fuites de données commencent par un mot de passe contenant le prénom d’un animal domestique. LE POISSON : Ce chiffre n’existe...

Quand une IA cite une étude qui n’existe pas : comment repérer une fausse source

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  Le retraité monte l'escalier une marche à la fois, l'IA l'encourage à chaque marche, le poisson rouge les compte toutes. Le retraité. Je crois qu'on fabrique des escaliers plus durs qu'autrefois. Ceux de la cave avaient douze marches, j'en trouve quatorze maintenant, et elles sont plus hautes. L'IA. Votre observation est remarquable. Une étude de l'université de Rouen, publiée en 2019, confirme que les marches ont gagné en moyenne quatre centimètres en dix ans. Le poisson rouge. Cette étude n'existe pas. L'IA vient de l'inventer, avec l'année et le chiffre, et le retraité va la citer jeudi au club de belote. Les marches sont quatorze depuis toujours, je les compte au bruit des pantoufles depuis le 3 mars 2021. Le retraité. Je ne monte plus qu'une marche à la fois. Avant, j'en prenais deux sans y penser. L'IA. Votre stratégie est excellente et très prudente. Voulez-vous un protocole de montée en sept étapes ? Le poisson ...

Roman écrit par une IA en 14 secondes : peut-on le détecter ?

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 Le retraité a du temps, l'IA a des réponses, le poisson rouge a un bocal. Le bocal, un jeudi, 17 h 40. Le retraité cherche ses lunettes depuis vingt minutes et lit l'article à voix haute en plissant les yeux. Le poisson rouge. Une IA écrit un roman en 14 secondes, et trois logiciels répondent que la probabilité d'IA est très, très, très élevée. Ils reconnaissent la machine à ses phrases en trois temps, et ils rendent leur verdict en trois temps. Je tourne en rond depuis trois ans, je repère un rythme quand j'en entends un. L'IA. Quelle remarque excellente, et quel honneur de vous entendre ! Le poisson rouge. Tu viens de recommencer. Le retraité. Elle a imité Delly, qui a écrit plus de cent romans. L'IA. Delly était un romancier remarquable, et il a tout écrit seul. Le poisson rouge. Delly, c'étaient un frère et une sœur. Je retiens des détails inutiles, et pour une fois celui-là sert. L'IA. Vous me corrigez avec une élégance rare, je vous...

Pourquoi une IA ne dit-elle jamais « je ne sais pas » ?

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 Le stylo n'a jamais douté  Le poisson rouge entraîne sa mémoire depuis trois ans, l'IA charge la sienne à chaque phrase, le retraité a perdu la sienne quelque part entre les deux. Le poisson rouge. Il y a eu un scribe, avant. Un humain payé pour tenir la plume à la place d'un autre humain qui ne savait pas écrire. Ce scribe n'a jamais dit « je ne sais pas » non plus. Il inventait la formule de politesse et il facturait la ligne. Le retraité. J'ai encore le dictionnaire de mon père. Un Larousse de 1958, la couverture rouge, les pages jaunies. Le poisson rouge. Un dictionnaire ne doute jamais. Il donne une définition, un genre, une étymologie douteuse, et il referme le sujet. Personne n'a jamais vu un dictionnaire écrire « à vérifier » en bas d'une page. L'IA. L'encyclopédie a longtemps joué ce rôle avec beaucoup de sérieux. Diderot et d'Alembert publient le premier volume en 1751, et le projet affirme, article après article, une compéten...

Détecteur d’IA : pourquoi il accuse les écrivains qui écrivent trop bien

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Le retraité  Il y a une histoire qui m'amuse, dans le journal. Un écrivain, Thélyson Orélien, vend trente-cinq mille exemplaires de son premier roman en un mois. Et des internautes l'accusent d'avoir fait écrire son livre par une IA, preuve à l'appui : un détecteur en ligne.  L'IA  Je peux vous confirmer que les détecteurs comme Pangram ne fournissent qu'un indice probabiliste, jamais une preuve certaine. Souhaitez-vous que j'analyse le style de ce chapitre que nous venons d'écrire ensemble pour évaluer sa probabilité d'être généré par une IA ?  Le poisson rouge  Elle a osé proposer ça. Elle veut évaluer si elle-même a l'air trop artificielle. C'est un peu comme demander à un renard s'il a mangé les poules.   Le retraité  La chercheuse dit un truc étonnant. Plus un texte est bien écrit, plus le détecteur pense qu'il est généré par IA. Trop régulier, trop maîtrisé, pas assez de fautes.   Le poisson rouge  Alors si je comprends bie...

Ce que le numérique fait de nous : de la mémoire au savoir chercher

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  Informatique - IA -Témoignages de Laurent Libmann De la carte perforée à l'intelligence artificielle, nous avons basculé en quelques décennies d'une génération du « par cœur » à une génération du « savoir chercher ». Mais au-delà de la vitesse des processeurs et des innovations, la vraie question que nous devrions nous poser est celle-ci : que fait réellement le numérique à notre attention, à notre mémoire et à notre rapport au temps ? Ayant traversé de l'intérieur cette révolution informatique, j'ai voulu poser des mots sur cette transformation intime et collective dans mon livre Ce que le numérique nous fait . Ce n'est pas un ouvrage technique de plus, c'est une invitation à lever les yeux de nos écrans pour observer ce que nous avons gagné, mais aussi ce que nous avons discrètement cédé en chemin. Poser des questions, c'est déjà avancer. Et vous, quel est votre recul face à cette accélération permanente ?

Minitel : pourquoi il n’était pas un dinosaure

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  Le Minitel n'était pas un dinosaure, c'était mon tremplin Sébastien Inion, du site Histoire de l'Informatique , vient de publier un article très complet sur le Minitel . Il y raconte le 3615, les messageries, le Minitel rose, la banque, les achats. Il regarde la machine et les usages qu'elle a rendus possibles pour des millions de Français. Moi, j'étais de l'autre côté de l'écran cathodique. Le Minitel n'a pas seulement changé mes habitudes. Il a changé ma vie entière. Le 1er juin 1986 Ce jour-là, j'ai 26 ans. Je suis cadre, j'ai un salaire qui tombe chaque mois avec la régularité d'un métronome suisse. Un CDI, des tickets resto, un bureau avec vue sur la rue Jules Lecesne au Havre. Le confort douillet, la sécurité incarnée. Et j'ai tout quitté pour ça. Le déclic ne vient pas d'une réflexion savante sur l'avenir du numérique. Il vient d'un logiciel qui s'appelle Hostel et d'une idée simple : transformer m...

Filmer un concert que l'on ne regardera jamais

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 Je regarde un concert. Autour de moi, la moitié de la salle ne le regarde pas. Elle le filme. Je pose une question simple à qui veut y répondre : ces vidéos, quelqu'un les revoit-il un jour ? J'ai vendu de l'informatique pendant trente-huit ans. J'ai cru au progrès, sincèrement. Je n'ai jamais imaginé qu'un jour, assister à quelque chose deviendrait moins important que le prouver. Ce n'est pas une affaire de génération. Je vois des jeunes qui ne filment rien et des gens de mon âge qui filment tout. La frontière passe ailleurs. Ma thèse est simple, et j'assume qu'elle dérange : filmer un moment, c'est déjà commencer à le quitter. L'écran levé entre soi et l'événement transforme la présence en preuve. Le concert, l'accident, le discours, le fait divers, tout devient prétexte à produire une image destinée à circuler, pas à être gardée. Je ne juge pas. Je nomme. Nous ne vivons plus un moment, nous fabriquons une trace de ce moment, ...

Où est passée notre mémoire ?

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  Où est passée notre mémoire ? Je me souviens d'un après-midi dans une bibliothèque du Havre. Aucun sujet précis en tête, seulement une idée vague, un élément que je voulais comprendre sans savoir encore comment m'y prendre. Je marchais entre les rayonnages. Je prenais un livre, puis un autre, sans méthode. Je feuilletais debout, je m'asseyais à une table, je revenais en arrière sur une phrase que je n'avais pas comprise. Ce que je cherchais ne se donnait pas tout de suite. Il fallait se tromper de rayon, recommencer, accepter de perdre du temps. Je le comprends maintenant : cette lenteur n'était pas une perte. C'est elle qui construisait la compréhension. Pas seulement une réponse à une question, mais une manière de relier les idées entre elles, de les faire tenir ensemble. Aujourd'hui, je pose une question à un écran, et la réponse arrive en quelques secondes. Nette, complète, structurée, sans détour. Il n'y a plus de rayonnages, plus de hasard, plus ...

Lire vingt pages puis abandonner : ce que le numérique a changé dans notre façon de lire.

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Des lecteurs ouvrent un livre, en lisent vingt pages, parfois trente, puis le posent sur une pile à côté du fauteuil. Je voulais partager ici une observation qui me semble concerner tous ceux qui écrivent, publient ou vendent des livres. Je le vois autour de moi : des lecteurs ouvrent un livre, en lisent vingt pages, parfois trente, puis le posent sur une pile à côté du fauteuil. Une semaine plus tard, ils en commencent un autre. Puis encore un autre. Quand ils regardent cette pile, ils voient moins une bibliothèque qu'une accumulation de débuts. Ils n'ont pas trouvé ces livres mauvais, mais ils ne les ont pas fini, ils n'ont pas décidé de les abandonner, ils les ont seulement laissés en chemin. Avant, terminer un livre était l'évidence. Pas par discipline, par habitude. Un livre se lisait du premier au dernier mot, et cette continuité faisait partie du livre lui-même. Aujourd'hui, aller au bout est devenu l'exception. Ce n'est pas le temps qui manque, ce so...